Guess who's comin' to dinner ?

Guess who's comin' to dinner ?
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" Je me demande souvent si je ne joue pas avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça ? "






Des vieux moments viennent me saluer d'un déluge de couleurs, d'odeurs, contours de la tour de Londres ou bien citronnade sous un tilleuil picard; ils réclament de nouveaux petits frères, de nouvelles aventures chaudes et douces, et je traine mes talons sur un pavé endormi. [ STOP ]
Je m'en rend compte, que ce blog est un dépotoir à souvenirs. Stupide: en me relisant, voilà que je prend conscience d'une chose; je montre une image de moi-même que je fausse sans le vouloir, celle de quelqu'un de perpétuellement tourné vers le passé. Alors que je flotte dans mon présent, sans même m'y mirer; alors que je lorgne ce futur aux contours incertains, mais si attirant...! Mais pourquoi s'efforcer à découper le temps, je me demande, lorsque tu te rends enfin compte que tout n'est qu'une continuité sans début ? Je me revois, gamine de 7 ans, au regard blessé et craintif des enfants habitués à se faire maltraiter par d'autres, ce regard aux cils emmêlés qui se lève doucement au fur-et-à-mesure qu'on l'apprivoise (va t-on me faire du mal, ou pas?). Quand, enfin, rassurée par la patience de mon adorable prof de chant, je déverrouillais ma voix, quel bonheur! Je pouvais exprimer tous les sentiments que je taisais par morne routine, et je n'étais plus une enfant, j'étais l'angelot de Mozart, la compagne de Figaro, l'amour du monde à l'état brut. J'aurais voulu la remercier, maintenant que j'ai gagné cette force, cette confiance en moi. Allongée sur le divan je me surprend à refaire mes vieux exercices de respiration, et mes gammes, la la la la. Je reprends ces vocalises là où je les avais laissées, dans un recoin de ma mémoire, le plus naturellement du monde. Peut-être cela ne veut pas dire grand'chose, mais je suis encore cette gosse, tout en ayant laissé derrière moi la mue de ce costume qui m'oppressait. Là, en chantant, je n'ai plus consciente du temps écoulé entre le moment où, pour la première fois, je laissai j'échapper la musique de mon âme, et maintenant. Le temps semble être une donnée discontinue tantôt imperceptible, tantôt lourde, s'imprimant plus ou moins dans l'espace. Là, je ne le sens plus. Plus rien n'a de limite, tout s'entremêle et se prolonge, passé, présent, futur, je suis ici et là-bas.













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# Posté le vendredi 09 octobre 2009 21:57

[ Happy, the end. ]

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"Au détour des décombres, j'ai ramassé avec fierté ma chair et je suis partie"


Avec Papa, alors que pendant le déménagement nous (dé)rangeons la cave, nous flirtons avec une caisse pleine de livres, et les livres flirtent avec un message plein de sens. Il en sort un: Lou, histoire d'une femme libre. L'amante voulue de Nietzsche, qui ne l'aura jamais. Il en sort un autre: Carnet Infernal de François de Villandry. Il emportera les deux; Par un heureux hasard, petit clin d'oeil de la vie,j'ai retrouvé ces passages, ici, sur internet.



HISTOIRE BANALE


L'autre nuit, dans un épais brouillard humide
J'ai croisé une fille Rien de plus banal N'est-ce pas?
Oui, j'ai croisé une fille aux yeux noyés d'ether.
Sa voix cassée, ses cheveux blonds ébouriffés
M'ont plongé en quelque sorte dans le désarroi.
Nous sommes allés discuter de nos rêves dans un bistrot.
Puis Dans un appartemet Rue "qu'importe"
Nous avons failli croiser l'amour
Failli pour l'unique raison
Que nous avions simplement soulagé nos corps.
Les sentiments étaient absents ... Ailleurs!
Après avoir grillé quelques cigarettes
Nous avons essayé en vain de parler le même langage.
Nous avons abordé tous les sujets sans pour autant les analyser.
La grisaille de la nuit nous enveloppa...
Le matin Sous une pluie de grêlons S'est levé.
Nous aussi.
L'ayant quittée mes godasses ont crotté le parc Monceau.
L'esprit en déroute, par les clichés de ses manières
Me faisait défaut.
Mon être aussi!
Plusieurs jours se sont évanouis dans la pénombre d'une étoile brisée.
Hier, remontant l'Avenue Hoche
Une silhouette accrocha mon regard
La mienne dut accrocher le sien
Car c'est dans un élan mutuel
Que nos pas ont foulé le bitume dans la même direction
Jusqu'au moment où face à face...
Nos talons se sont tus.
Il pleuvait!
Un parapluie de couleur sombre
Berçait son portrait dans la mélancolie de sa vie.
Elle voulut me parler, j'acquiaissais avec dans la gorge,
Une sensation étrange.
Dans un pub coloré de moquette "automne"
Ses angoisses craquèrent dans un brouhaha de phrases
Poignantes.
Mes pupilles de bas en haut scrutèrent au travers de ses larmes
Un état dégradant...
Pour qui? Pour quoi?
Tout simplement... Pour nous... Vous et moi!
Prostituée Pute Péripatéticienne...
Abominables noms qui rongent à la fois le sourire et la tristesse.
Paumée, elle semblait happer ma main avec dans les doigts
Les cicatrices de la solitude.
Désespérement, elle s'aggripait à mes paroles
Comme on s'accroche à une drogue
Pour s'éclipser loin très loin
Vers l'ailleurs d'un trottoir dégueulasse.
Son corps flétri par des pattes sales
Son visage usé par la poisse
Semblaient s'effacer sous le pinceau d'un artiste peintre;
Elle se bloquait, ne voulant en aucun cas me faire ressentir son état
Et moi comme un con
Je l'écoutais avec dans le coeur des vibrations mortes.


François de Villandry.


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Voilà mon héritage de cette bien étrange journée. C'est aussi un peu le votre, maintenant.
Comme dirait Lou Andreas Salomé :


<< Nous devons faire ceci, nous devons faire cela... Je n'ai aucune idée de qui est ce nous. C'est seulement de moi que je sais quelque chose. Je ne puis vivre selon un idéal, mais je puis très certainement vivre ma propre vie, et je le ferai quoiqu'il advienne. En agissant ainsi, je ne représente aucun principe, mais quelque chose de beaucoup plus merveilleux, quelque chose qui est en moi, quelque chose qui est tout chaud de vie, plein d'allégresse et qui cherche à s'échapper. >>






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# Posté le dimanche 20 septembre 2009 21:03

" Tu es belle. " " I wish you could die for me. "

" Tu es belle. "   " I wish you could die for me. "
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[ Un cliché de vacances. ]

Une nouvelle soirée prend vie petit à petit tandis que les bâtiments défilent lentement le long de la rue des Dominicains, au rythme de nos pas. De temps en temps, je fredonne du vieux blues, Slim Harpo ou Memphis Minnie. Je puise tout ce que mes yeux peuvent prendre: la ciel noir, les nuages, la lune énorme et paisible, les couleurs de la ville qui ne se ressemble pas la nuit. Soudain, mon coeur déborde d'une explosion de joie: je voudrais rire, remercier tout ce qui fais que je suis ici: je suis sur la route pour nul part, avec l'homme dont je suis amoureuse, vivante là sur cette portion de rue parmi des centaines d'autres. Sa main revient chercher la mienne. Ses doigts glissent sur la vieille bague de ma mère, effleurent mon poignet, mes bras, mon épaule nue, semblent vouloir tout caresser, tout aimer. La mienne rejoint la sienne et elles s'enlacent, fort. De plus en plus fort. Comme dirait Rose Dewitt Bukater: "C'était le moment le plus érotique de toute ma vie". Sous la nuit de plus en plus noire, nos mains ont fait l'amour, une minute, puis deux, alors que plus rien d'autre pour moi n'existait que ce contact tenu, et vivant.


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J'ai adoré, j'ai littéralement adoré ces nuits où, collée tout contre ta peau moite, je me remémorais la soirée que nous venions de passer: la toile sombre de la nuit ponctuée des éclats de lumière de la ville; la présence laiteuse de la lune; retrouver les étoiles plus belles encore dans tes yeux, dans ton beau regard vert; les rues bigarrées, échaudées par l'agitation de toute cette humanité qui gesticulait, qui riait, qui criait, qui s'embrassait, qui mangeait, qui buvait, qui vivait, en fait; Le petit vent frais qui nous blâmait pour notre étourderie et nous faisait regretter le confort d'une veste; Les restaurants où l'on se sentait bien, sur notre petit îlot perdu au milieu du bruit, de la musique et des fumets d'une cuisine d'ailleurs: la table, la table que ta main survolait pour saisir la mienne et la presser doucement, comme une promesse; Les illuminations place Stanislas; mes épaules ornées de tes bras d'homme, nous nous emplissions du jeu de la musique et des images qui s'accordaient : ces moments-là, c'était féerique. Nos escapades nocturnes, lorsque tu me faisais découvrir l'autre visage de Nancy, celui que je ne connaissais pas, avec toutes ces petites ruelles jusque-là ignorées de ma personne; Ah puis, aussi, lorsque nous nous embrassions tous les trois mètres, insatiables l'un de l'autre, et nous nous dévorions la bouche; Les dernières séances de cinéma de la journée: en sortant, nous croisions les premiers fêtards, faune nocturne bizarre; La fontaine et les regards que tu me jettais, sur la place de Vaudémont; La fleur dans mes cheveux, une fois, lorsque nous rentrions chez moi ( chez nous ), j'ai encore de ses pétales dans mon sac; et puis, nos nuits d'amour. Nos corps qui fusionnaient, en s'absorbant irrépressiblement l'un l'autre. Je voulais souvent te dire combien je t'aimais. Quelques fois, j'ai réussi, mais de manière imparfaite, je n'ai jamais pu dire ce que je ressentais réellement. Je n'osais pas. Je te croyais trop terre-à-terre pour me permettre d'oser. En fait, c'était juste de la maladresse. Mais maintenant, je t'ai dans la peau, Arthur Simsa, dans la peau, dans la tête et dans le coeur, à jamais.





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# Posté le mardi 15 septembre 2009 21:36

Fil de joie.

Fil de joie.
6
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--C'est la deuxième fois en deux semaine que je regarde Rosemary's baby.
Tout en écrivant, je savoure les jeux de caméra de ce film - c'est absolument fascinant comme elle accompagne les psychologies des personnages, inquiète, tourbillonne. Plus Mia décline, et plus elle semble forte, muée d'une volonté intelligente. Et c'est la première fois que j'apprécie un visage féminin encadré de cheveux courts, à croire que cette coupe ne colle qu'avec peu de caractères et de physionomies...



--Polanski est cynique, hé. Je n'aime pas vraiment la façon dont se termine le film. C'est assez terrible, quand on y pense: quelle fin aurais-je voulu voir? C'est après tout une maman, elle ne pouvait pas tuer son bébé, non, sans doute que non. Mais alors ils ont gagné, et ils ont raison. C'est une fin qui n'en est pas une, et c'est justement ça qui porte un coup. Le mal est partout, et, quand on choisit cette voie, l'horreur n'a pas de fond. D'où ce point de vue subjectif des plans, uniquement la vision de Rosemary constamment isolée, enfermée, obligée d'avancer suivant une direction que lui impose un mal sans visage qu'elle ne peut que ressentir. Un film mature, dont j'ai gardé pas mal de choses en mémoire au niveau technique, car les sensations sont bien là, amenées très justement et judicieusement par des plans travaillés et savamment construits. Gé-nial.





Ah, au fait. Mon chez-moi a enfin pris forme...!
Pour la première fois de ma vie, c'est moi qui ai eu le dessus sur elle et qui ai pu choisir où je déciderais de me poser. Délibéremment.
Pour la première fois de ma vie, je ne suis pas un bateau qui change de cap au gré du vent et des marées.

Le jour où l'on efface un jamais est un grand jour.





# Posté le dimanche 19 juillet 2009 06:09

Modifié le vendredi 24 juillet 2009 11:18